37. Fugue temporaire

Fugue.

"Lire ou écrire, c’est une façon de prendre la fuite, la plus pure et la plus légitime des évasions. On en ressort plus forts, régénérés et peut-être meilleurs............ Nous favorisons des fugues temporaires”. Luis Sépulveda

Dans mon cahier, des traits

Barreaux d'une prison?

Non, les mots tels des notes

vont se poser sur ces barreaux

pour donner aux phrases des ailes

évasion vers un jour nouveau.

Les lignes ne sont plus barreaux

mais portée musicale

pour une fugue temporaire.

Ecrire pour prendre la fuite

ou pour rendre la fuite possible?

Ecrire pour se régénérer

en libérant les maux

et l'émotion des mots

devient poésie fenêtre ouverte

sur un monde plus beau

sur un monde nouveau?...

 

 

Mes mots attachés sur la page blanche, emprisonnés dans les lignes de mon cahier

 s'écoulent de façon automatique avec liberté et fluidité,

le coeur de ma plume va puiser dans les couleurs de  ma vie:  

encre et griffe signent mon texte de couleurs arc-en-ciel.

Mes mots impriment mon vague à l'âme ou mon vagabondage et tout est possible....

Goutte à goutte de bonheur ils s'écoulent lentement... 

Je revis bercée par ces mots alignés qui trament et tissent mes rêves,

l'écrit devient le buvard de mes fantaisies,

 l'éponge de mes songes.

Si je suis lue, comprise, aimée je partage ou je donne

Si jamais je ne suis lue et comprise par personne: 

j'écoute, je pense, je regarde, j'apprends, je grandis et

à nouveau j'écris, je peins et je colle les couleurs de mon coeur.

Eternel recommencement, Sisyphe d'une écriture perdue

qui chaque jour renaît pour se perdre à nouveau.

J'écris car je suis libre d'être une Sisyphe heureuse.

L'Histoire de ma liberté d'écrire ou de peindre

apprivoise la mort pour mieux la taquiner

j'aime la vie pour donner sens à sa fin.

Je suis libre d'écrire, libre de vivre mais aussi libre de mourir.

 

 

 

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